Aujourd’hui, nous échangeons avec Sophie, 51 ans, qui a osé un virage à 180° : après un burn-out dans le secteur bancaire, elle a trouvé une nouvelle passion et un second souffle dans la restauration de meubles anciens. Elle nous raconte son parcours, ses défis et ce que cette reconversion lui a apporté.
Reconversion originale : Racontez nous comment vous êtes passée de la banque à l’upcycling de meubles ?
Bonjour ! Pendant 25 ans, j’ai travaillé dans une grande banque. Je jonglais constamment entre les dossiers clients, la pression des chiffres et des objectifs toujours plus importants. Jusqu’au jour où mon corps a dit stop : fatigue chronique, insomnies, crises d’angoisse… Le burn-out m’a forcée à faire une pause. C’est pendant cette période que j’ai retrouvé une vieille passion : redonner vie aux objets oubliés. J’ai commencé par repeindre un buffet trouvé chez Emmaüs, juste pour le plaisir. Puis un deuxième, un troisième… Et j’ai compris que c’était là que je voulais être.
À quel moment avez-vous su que vous pouviez en faire votre métier ?
Au début, c’était juste un passe-temps pour m’aider à me recentrer. Mais rapidement, des amis et de la famille ont commencé à me demander si je pouvais transformer leurs propres meubles. Puis, j’ai vendu ma première pièce sur une plateforme en ligne… et ça a été un déclic ! J’ai réalisé qu’il y avait une vraie demande pour des meubles uniques, restaurés avec soin, et que je pouvais essayer de transformer cette passion en activité professionnelle.
Quelle a été la plus grande difficulté dans cette transition ?
Le plus dur, c’était de sortir du cadre sécurisant du salariat. J’avais toujours eu un emploi stable, un salaire fixe… et me lancer dans l’artisanat, sans aucune garantie, était très effrayant. Il y avait aussi le regard des autres : beaucoup ne comprenaient pas pourquoi je quittais un “bon” poste pour poncer des meubles dans un atelier. Mais j’ai appris à ne plus chercher l’approbation des autres et à écouter mes propres besoins.
Comment avez-vous appris à restaurer des meubles ?
Je n’ai pas de formation en ébénisterie, alors j’ai appris sur le tas. J’ai regardé des tutoriels sur Youtube, suivi quelques ateliers, mais surtout, j’ai expérimenté. J’ai fait des erreurs, bien sûr, mais chaque meuble m’a appris quelque chose. Avec le temps, j’ai développé mon propre style, mélangeant techniques anciennes et touches modernes.
Q : Où trouvez-vous vos meubles et comment sélectionnez-vous ceux que vous allez transformer ?
Je chine principalement chez Emmaüs, en brocante ou sur des sites de seconde main, comme Le Bon Coin. Je cherche des meubles qui ont du caractère, une belle structure, même s’ils sont abîmés. Ce qui m’intéresse, c’est leur potentiel. Un meuble en bois massif avec un vernis défraîchi peut retrouver une seconde jeunesse avec un bon ponçage et une patine bien travaillée. Il est parfois nécessaire aussi de combler des trous faits dans le bois avec de l’enduit spécial bois. ça demande parfois un peu d’imagination pour se projeter sur certains meubles forts abimés, mais ça vaut le coup et le temps passé !!
Comment avez-vous développé votre clientèle ?
Au début, j’ai simplement partagé mes créations sur mon compte Instagram et sur des groupes Facebook. Les gens ont commencé à me poser des questions, à me demander des conseils, puis j’ai eu des sollicitations pour retaper des meubles de famille, leur redonner une seconde vie, une touche de modernité…
Ensuite, j’ai ouvert une boutique en ligne et j’ai participé à des marchés de créateurs. Le bouche-à-oreille a aussi beaucoup aidé. Aujourd’hui, j’ai une petite communauté fidèle qui suit mon travail et passe régulièrement commande. Parfois, j’ai du mal à laisser partir certains meubles que j’ai bichonné…. mais je ne peux pas tout garder !
À quoi ressemble votre quotidien aujourd’hui ?
Je passe mes journées entre les brocantes, Emmaüs et mon atelier. Chaque pièce a une histoire et j’adore imaginer comment lui donner une seconde vie. Je répare, je ponce, je peins… et je partage mon travail sur les réseaux sociaux. Je recherche toujours des idées pour mettre en valeurs mes meubles sur les photos que je partage.
Je change les meubles de pièces sans arrêt chez moi, mon mari ne sait plus où il habite ! J’ai des contacts aussi avec quelques boutiques locales. Je mets certains meubles en exposition dans leur vitrine ou leur boutique … ça aide à faire des ventes et ça augmente mon réseau.
Quels sont les moments les plus gratifiants de votre métier ?
Sans hésiter, le moment où je livre un meuble transformé à son nouveau propriétaire. Voir les étoiles dans leurs yeux quand ils découvrent la nouvelle vie d’un meuble qu’ils pensaient condamné, c’est magique. J’adore aussi voir les réactions sur les réseaux sociaux, quand je poste des avant/après. Ça motive énormément ! Je donne aussi beaucoup de conseils aux particuliers qui veulent faire la même chose. Pour moi, c’est important de partager son savoir.
Y a-t-il un projet dont vous êtes particulièrement fière ?
Oui, un vieux buffet années 30 complètement oublié dans un grenier. Il était dans un état lamentable, plein de poussière et de moisissures. J’ai dû le démonter entièrement, traiter le bois, refaire les charnières… C’était un travail de dingue, mais le résultat était bluffant. Il a été vendu en quelques jours, et la personne qui l’a acheté m’a envoyé une photo de son salon en me disant qu’elle l’adorait. Ce genre de message, ça n’a pas de prix !
Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait se lancer dans l’upcycling de meubles ?
D’abord, commencez petit. Inutile d’investir dans un gros atelier tout de suite. Un simple coin dans un garage ou une pièce de la maison suffit au début. Ensuite, ne cherchez pas la perfection dès le départ. Vous allez faire des erreurs, et c’est normal ! Utilisez des produits de qualité : la différence est importante entre les peintures tant pour le rendu final que sur la durée de vie du meuble. Enfin, osez montrer votre travail, même si vous n’êtes pas encore sûr de vous. Les réseaux sociaux sont un outil puissant pour se faire connaître et trouver ses premiers clients.
Quel bilan tirez-vous de cette reconversion ?
C’est la meilleure décision de ma vie. J’ai troqué ma tenue un peu classique et terne et mes dossiers contre des pinceaux et une salopette, et je ne l’ai jamais regretté. Certes, c’est un métier exigeant, mais il me permet d’être libre, de créer chaque jour et surtout d’avoir un impact positif en donnant une seconde vie aux objets. Aujourd’hui, je me lève avec envie, et ça, ça vaut tout l’or du monde.
Un dernier mot pour celles qui rêvent de changer de vie mais n’osent pas ?
N’attendez pas d’être au bout du rouleau pour écouter ce qui vous fait vibrer ! On n’est jamais trop vieille pour changer de cap. Le plus difficile, c’est le premier pas, mais une fois lancée, tout devient plus clair. Et surtout, il n’y a pas de honte à quitter un métier qui ne vous rend plus heureuse : votre bien-être vaut plus qu’un CDI !
Un témoignage qui prouve qu’il n’est jamais trop tard pour tout recommencer ! 🔥
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