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Points clés à retenir
- Prescriptions inadaptées : jusqu’à 6 femmes sur 10 sous contraception œstroprogestative présentent des facteurs de risque cardiovasculaire ignorés.
- Suivi en retard : 8 femmes sur 10 n’ont aucun suivi cardiovasculaire, alors que 36 % ont déjà eu un accident.
- Alternatives existent : progestatifs seuls ou stérilet sont recommandés en cas de risque élevé.
Une pilule pour éviter une grossesse, pas pour finir aux urgences. Pourtant, des milliers de Françaises se voient encore prescrire une contraception hormonale combinée qui met leur cœur en danger. Stress, tabac, surpoids, hypertension… ces signaux d’alerte sont trop souvent balayés au moment du choix contraceptif. La fondation Agir pour le Cœur des Femmes tire la sonnette d’alarme : un geste de prévention peut se transformer en menace silencieuse, avec à la clé AVC ou infarctus.
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À l’occasion de la Journée mondiale du cœur du 29 septembre 2026, la fondation publie de nouveaux chiffres issus de l’Observatoire national de la santé des femmes (ONSF), alimenté par les dépistages du Bus du Cœur des Femmes depuis 2021. L’étude se concentre sur la contraception œstroprogestative (pilules, patchs, anneaux vaginaux contenant un œstrogène de synthèse). Le constat est sans appel.
Un risque cardiovasculaire sous-estimé
Sur 14 653 dossiers ouverts, 1 062 femmes âgées de 15 à 55 ans ont été analysées, car leur type de contraception était renseigné. Résultat : parmi celles présentant des facteurs de risque cardiovasculaire, 40,7 % ont reçu une contraception œstroprogestative inadaptée. En incluant les antécédents familiaux au premier degré, ce taux bondit à 59,8 %, soit près de 6 femmes sur 10. Globalement, la fondation évoque 40 à 60 % de prescriptions contre-indiquées. Et 9 femmes sur 10 cumulent déjà au moins deux facteurs de risque. « Il n’est pas acceptable aujourd’hui de mourir d’une embolie pulmonaire massive, d’un infarctus ou d’un accident vasculaire cérébral parce que la contraception est inadaptée », peut-on lire dans l’étude.
La contraception combinée associe un œstrogène et un progestatif. Chez les femmes déjà exposées à l’hypertension, au tabagisme après 35 ans, à l’obésité ou à un excès de cholestérol, ces méthodes augmentent le risque d’AVC, d’infarctus ou d’embolie pulmonaire. La gynécologue Geneviève Plu-Bureau, coordinatrice de l’étude, rappelle : « Il y a des facteurs de risque qui contre-indiquent de façon absolue la contraception combinée », comme les migraines avec aura, l’hypertension même traitée, les antécédents familiaux artériels ou un cholestérol non contrôlé.
Un suivi médical aux abonnés absents
Le bilan pointe un retard flagrant dans le suivi. Huit femmes sur dix n’ont aucun suivi cardiovasculaire, alors que 36 % ont déjà fait un accident cardiovasculaire. Une sur deux présente une hypertension artérielle, mais seule une sur cinq est traitée. L’ONSF mentionne aussi des facteurs sociopsychologiques (stress, dépression) qui s’ajoutent aux risques biologiques et compliquent la prise en charge.
Chaque jour en France, 200 femmes meurent d’une maladie cardiovasculaire, soit une toutes les sept minutes. Et huit décès sur dix seraient évitables. « En France, toutes les femmes ont la possibilité d’avoir une consultation longue remboursée par l’Assurance Maladie avec leur médecin traitant ou leur gynécologue lors de la prescription de la première contraception. C’est l’occasion de faire un point sur les éventuels facteurs de risque cardiovasculaire et de rechercher les contre-indications. Ensuite, lors de chaque renouvellement, il est important de vérifier l’absence d’apparition de contre-indications cardiovasculaires », rappelle le Pr Claire Mounier-Véhier.
Des alternatives existent
La fondation souligne l’existence de solutions pour les femmes à risque élevé : les médicaments uniquement à base d’hormone progestative ou le stérilet. Il est essentiel d’en parler avec son médecin ou son gynécologue pour trouver la méthode qui respecte à la fois ton désir de contraception et ta santé.
Sources : France Info, Sud-Ouest, Paris Match.