Réouverture de Coco : le tchat revient sous le nom Cocoland

Coco.gg est de retour sous le nom Cocoland en 2026. Pourquoi c'est possible, le lien avec l'affaire Mazan, et comment signaler le site. Tout comprendre.

Temps de lecture estimé : 13 minutes

Points clés à retenir

  • Cocoland.cc est le retour du site de tchat Coco.gg, fermé judiciairement en juin 2024 après 23 051 procédures judiciaires.
  • La réouverture est techniquement possible grâce à un changement de nom de domaine et un hébergement à l’étranger — les autorités françaises doivent recommencer une nouvelle procédure.
  • Dominique Pelicot utilisait Coco.gg pour recruter les agresseurs de sa femme Gisèle (affaire des viols de Mazan).
  • Sarah El Haïry a qualifié le retour du site de « vraie gifle à la promesse de protection » le 18 avril 2026.
  • Il est possible de signaler Cocoland sur pharos.interieur.gouv.fr et auprès de l’ARCOM.

Réouverture de Coco : le tchat condamné revient sous le nom Cocoland

La réouverture de Coco était un scénario que beaucoup espéraient ne jamais voir : en avril 2026, deux ans après une fermeture judiciaire historique, le tristement célèbre site de tchat anonyme est de retour, cette fois sous le nom Cocoland.

23 051 procédures judiciaires. Des victimes de viols, d’agressions, de pédocriminalité. Une saisie des serveurs par la gendarmerie nationale. Et pourtant. Le 17 avril 2026, Ouest-France révèle qu’un site accessible à l’adresse cocoland.cc est en ligne — avec les mêmes fonctionnalités, la même interface, et des mentions légales citant explicitement le domaine coco.gg. Le tout avec des publicités qui tournent et génèrent des revenus.

SECURISE

Une appli de rencontres safe et saine

Spiice a ete concue pour que les femmes se sentent en securite. Profils verifies, moderation active.

Decouvrir Spiice →

Gratuit - Profils verifies

Franchement, l’information a de quoi choquer. Surtout quand on sait que le fondateur est toujours mis en examen pour pédopornographie et proxénétisme aggravé. Dans cet article, je vous explique ce qu’est vraiment Cocoland, pourquoi cette réouverture est techniquement possible, et ce que vous pouvez faire concrètement face à ça.

Cocoland, c’est quoi exactement ?

Cocoland, c’est le nouveau site coco dans sa forme la plus directe : même esthétique, mêmes fonctionnalités, mêmes travers. Si vous connaissiez coco.gg avant sa fermeture en juin 2024, vous retrouverez exactement la même interface — et c’est précisément là que réside le problème.

Concrètement, le site fonctionne comme un tchat anonyme sans inscription : vous arrivez, vous choisissez un pseudonyme, vous entrez dans des salons publics organisés par thématique ou région, et vous pouvez également envoyer des messages privés. Aucune vérification d’âge n’est requise. Aucune modération humaine visible. Et plusieurs URL semblent actives simultanément : cocoland.cc, thecocoland.fr, cocoland.info. Autant dire que l’écosystème est déjà bien installé.

Ce qui distingue Cocoland d’un simple site de tchat lambda, c’est ce détail révélateur : ses mentions légales font explicitement référence à coco.gg, l’ancien domaine fermé par la justice française. Difficile, dans ce contexte, de soutenir qu’il s’agit d’un projet sans lien avec l’original. Et pourtant, c’est exactement ce que le site revendique dans ses réponses sur Trustpilot : « aucun lien juridique ou financier avec coco.fr ».

Attention : Cocoland.cc est actif depuis avril 2026. Ses mentions légales font explicitement référence à coco.gg. Le fonctionnement est identique à l’original : aucune vérification d’âge, anonymat total, absence de modération visible. Le site génère déjà des revenus publicitaires.

FonctionnalitéCoco.gg (2003–2024)Cocoland.cc (2026)
Accès gratuitOuiOui
Inscription obligatoireNonNon
Vérification d’âgeAucuneAucune
Modération humaineAbsente ou insuffisanteAbsente ou insuffisante
HébergementServeurs en Europe (Bulgarie)Non divulgué
Revenus publicitairesOuiOui (actifs dès avril 2026)
Statut juridique FranceFermé judiciairement juin 2024Aucune procédure finalisée à ce jour

Pourquoi Coco avait-il été fermé en juin 2024 ?

Pour comprendre pourquoi la réouverture de Coco sous le nom Cocoland fait autant de bruit, il faut revenir sur ce qui s’est passé en 2024 — parce que les chiffres, eux, ne mentent pas.

Le 25 juin 2024, la gendarmerie nationale, en coordination avec le parquet de Paris et la JUNALCO (Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée), procède à la fermeture forcée de coco.gg et à la saisie de ses serveurs. C’est une première en France pour ce type de plateforme. Le déclencheur légal ? Un délit spécifiquement créé par la loi LOPMI de janvier 2023, qui permet de poursuivre les opérateurs de plateformes facilitant des infractions graves.

Le bilan est vertigineux : 23 051 procédures judiciaires impliquant le site entre janvier 2021 et mai 2024. Les chefs d’inculpation retenus contre son fondateur, Isaac Steidl, interpellé en Bulgarie, incluent pédocriminalité, proxénétisme aggravé, trafic de stupéfiants et facilitation de guet-apens homophobes. Une opération internationale coordonnée via Eurojust a permis la saisie.

« 23 051 procédures judiciaires engagées contre le site coco.gg entre janvier 2021 et mai 2024 » — Parquet de Paris, juin 2024.

DateÉvénement
2003Création du site de tchat coco.fr
2021–202423 051 procédures judiciaires impliquant la plateforme
25 juin 2024Fermeture judiciaire par la gendarmerie / JUNALCO, saisie des serveurs, arrestation d’Isaac Steidl en Bulgarie
Août 2024Apparition de Bounty.chat, premier successeur identifié
Avril 2026Cocoland.cc actif — révélation par Ouest-France le 17 avril

Le lien entre Coco et l’affaire des viols de Mazan

On ne peut pas parler de la réouverture de Coco sans mentionner l’affaire des viols de Mazan — parce que c’est précisément ce procès qui a mis Coco.gg sous les feux des projecteurs auprès du grand public.

Dominique Pelicot utilisait le site de tchat anonyme pour recruter les hommes qui ont violé sa femme Gisèle pendant plus de dix ans, à son insu. Coco lui permettait de trouver des inconnus, rapidement, anonymement, sans aucune traçabilité. Il a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle. L’affaire, suivie par des millions de Français, a mis en lumière de manière brutale ce que des associations de protection de l’enfance et des enquêteurs dénonçaient depuis des années : Coco n’était pas qu’un forum de discussion, c’était un outil de prédation.

Le truc, c’est que le procès de Mazan s’est conclu il y a quelques mois à peine. Et la réouverture du site sous le nom Cocoland intervient dans ce contexte — alors que les décisions de justice sont encore fraîches et que les associations se mobilisent. C’est ce que Sarah El Haïry, Haute-commissaire à l’Enfance, a qualifié de « vraie gifle à la promesse de protection » le 18 avril 2026.

À retenir : Dominique Pelicot utilisait Coco.gg pour recruter des agresseurs. Le procès des viols de Mazan a directement contribué à accélérer la fermeture du site en 2024. Deux ans plus tard, Cocoland reprend le flambeau avec les mêmes fonctionnalités.

Comment Coco a-t-il pu revenir malgré la fermeture judiciaire ?

C’est la question que tout le monde se pose — et que, franchement, aucun article ne prend vraiment le temps d’expliquer. Alors on va s’y attarder.

Fermer un site web, ce n’est pas fermer une entreprise physique. Quand la JUNALCO a fermé coco.gg en juin 2024, elle a saisi les serveurs localisés en Europe et invalidé le nom de domaine spécifique. C’est une procédure efficace contre une entité juridique précise, dans un périmètre géographique défini. Mais les opérateurs d’un site peuvent créer une nouvelle entité juridique, dans un autre pays, sous un autre nom de domaine — et recommencer.

C’est exactement ce qui semble s’être produit. L’hébergement à l’étranger est le nœud du problème. Dès lors que le site est hébergé hors de France, ou dans un pays dont la coopération judiciaire est limitée, les autorités françaises ne peuvent pas directement « éteindre » la plateforme. Elles peuvent demander le blocage de l’accès depuis la France via l’ARCOM (l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) — mais c’est une procédure qui prend du temps, et un simple VPN suffit à la contourner.

Le précédent existe déjà avec Bounty.chat, apparu en août 2024 sur exactement le même modèle. Sarah El Haïry l’avait signalé à l’ARCOM et sur Pharos dès 2024. Cocoland, c’est le deuxième épisode du même scénario. Et on ne va pas se mentir : tant que le cadre législatif n’évolue pas pour traiter la responsabilité des hébergeurs étrangers en coopération internationale, ce cycle risque de se répéter.

Pour comprendre : La fermeture judiciaire d’un site = saisie des serveurs et invalidation du domaine d’origine. Mais si les opérateurs recréent une structure juridique à l’étranger sous un nouveau nom de domaine, les autorités françaises doivent engager une toute nouvelle procédure — ce qui prend des mois, voire des années.

La réaction des autorités face à Cocoland

Depuis la révélation d’Ouest-France le 17 avril 2026, les réactions officielles se sont multipliées — et elles témoignent d’une vraie mobilisation institutionnelle, même si les outils juridiques restent limités.

Sarah El Haïry, Haute-commissaire à l’Enfance, a réagi dès le lendemain en qualifiant la réouverture du site coco sous sa nouvelle forme de « vraie gifle à la promesse de protection ». Elle a annoncé vouloir « traquer » les responsables et a confirmé avoir signalé Cocoland.cc à l’ARCOM ainsi que sur la plateforme Pharos — le portail officiel du ministère de l’Intérieur pour signaler des contenus illicites en ligne. De son côté, le fondateur original Isaac Steidl reste mis en examen pour pédopornographie et proxénétisme aggravé, un procès qui n’est pas encore terminé.

Cocoland.cc, interrogé via Trustpilot, s’est défendu en affirmant n’avoir « aucun lien juridique ou financier avec coco.fr ». Un argument difficile à tenir face au faisceau d’indices qui relie les deux plateformes. En vrai, la situation juridique est aujourd’hui dans une zone grise : le nouveau site coco n’a pas encore fait l’objet d’une fermeture officielle, mais plusieurs signalements sont en cours.

  1. 17 avril 2026 — Ouest-France révèle l’existence de Cocoland.cc
  2. 18 avril 2026 — Sarah El Haïry alerte sur « la résurgence d’un site internet » et appelle à l’action
  3. En cours — Signalements à l’ARCOM et sur Pharos
  4. En cours — Isaac Steidl (fondateur de coco.gg) toujours mis en examen

Vous pouvez agir : Pour signaler Cocoland ou tout contenu illicite en ligne, rendez-vous sur pharos.interieur.gouv.fr — c’est la plateforme officielle de signalement du ministère de l’Intérieur. L’ARCOM dispose également d’un formulaire de signalement sur son site officiel pour les contenus qui relèvent de sa compétence.

Cocoland, Bounty, les clones de Coco : comment s’y retrouver ?

Depuis la fermeture de coco.gg en 2024, l’écosystème des successeurs de Coco s’est multiplié — et il est facile de s’y perdre. Voici un état des lieux aussi clair que possible à ce jour.

Bounty.chat a été le premier successeur identifié, apparu dès août 2024 — quelques semaines seulement après la fermeture judiciaire. Fonctionnement identique : tchat anonyme sans inscription, aucune vérification d’âge. Il a immédiatement été signalé par les autorités et fait l’objet de procédures en cours. Cocoland.cc est le nouveau venu de 2026, révélé en avril. Entre les deux, d’autres URL gravitent dans cet espace : thecocoland.fr et cocoland.info semblent également actives, sans que leur lien exact avec cocoland.cc soit clairement établi.

D’ailleurs, il existe aussi des sites comme nouveau-site-coco-chat.fr, qui ont récolté des avis Trustpilot — témoignant d’une vraie migration d’utilisateurs vers ces plateformes depuis 2024. Le message important, c’est celui-ci : aucun de ces sites n’est un successeur « officiel » ou « légitime ». Il n’existe pas de version saine et sécurisée de coco.gg. Ces plateformes reproduisent les mêmes risques : mineurs présents, absence de modération, données personnelles exposées.

NomURLDate d’apparitionStatutSignalements connus
Coco.ggcoco.gg (hors ligne)2003Fermé judiciairement juin 202423 051 procédures judiciaires
Bounty.chatbounty.chatAoût 2024Actif — procédures en coursSignalé ARCOM / Pharos (2024)
Cocoland.cccocoland.ccAvril 2026Actif — signalements en coursSignalé ARCOM / Pharos (avril 2026)
TheCocoland.frthecocoland.frNon déterminéActifNon déterminé
Cocoland.infococoland.infoNon déterminéActifNon déterminé

Questions Fréquentes

Qu’est-ce que Cocoland ?

Cocoland (cocoland.cc) est le retour du site de tchat anonyme Coco.gg, fermé judiciairement en juin 2024. L’interface est identique à l’original : accès libre sans inscription, pseudonyme au choix, salons publics et messages privés, aucune vérification d’âge. Les mentions légales du site citent explicitement le domaine coco.gg comme ancien domaine de référence. Le site génère des revenus publicitaires et est actif depuis avril 2026.

La situation juridique est floue à ce jour. Cocoland.cc n’a pas encore fait l’objet d’une fermeture judiciaire officielle en France. L’ARCOM peut en théorie bloquer l’accès au site depuis le territoire français, mais cette procédure prend du temps. Par ailleurs, un VPN suffit à contourner ce type de blocage. Des signalements ont été déposés sur Pharos et auprès de l’ARCOM depuis le 18 avril 2026. La situation évolue rapidement.

Pourquoi le site Coco a-t-il été fermé en 2024 ?

Coco.gg a été fermé le 25 juin 2024 par la gendarmerie nationale et la JUNALCO, sur décision du parquet de Paris. Le site était impliqué dans 23 051 procédures judiciaires entre 2021 et 2024, couvrant des faits de pédocriminalité, proxénétisme aggravé, trafic de stupéfiants et guet-apens homophobes. La fermeture a été rendue possible grâce à un délit créé par la loi LOPMI de 2023. Le fondateur, Isaac Steidl, a été arrêté en Bulgarie et est toujours mis en examen.

Quel est le lien entre Coco et l’affaire des viols de Mazan ?

Dominique Pelicot utilisait Coco.gg pour recruter les hommes qui ont violé sa femme Gisèle à son insu pendant plus de dix ans. Le site lui permettait de trouver des inconnus de manière anonyme, sans aucune traçabilité. Condamné à 20 ans de réclusion criminelle, Pelicot a contribué à mettre en lumière les dangers concrets de cette plateforme lors de l’un des procès les plus suivis de France. L’affaire a directement accéléré la pression judiciaire qui a mené à la fermeture de coco.gg en juin 2024.

Comment signaler Cocoland aux autorités ?

Vous pouvez signaler Cocoland directement sur Pharos, la plateforme officielle de signalement du ministère de l’Intérieur, accessible à l’adresse pharos.interieur.gouv.fr. Il est également possible de déposer un signalement auprès de l’ARCOM via son site officiel. Ces signalements sont traités par des équipes spécialisées et alimentent les procédures judiciaires en cours. Plus les signalements sont nombreux, plus la pression sur les autorités compétentes est forte.

Quelle est la différence entre Cocoland et Bounty.chat ?

Bounty.chat a été le premier successeur de coco.gg, apparu en août 2024, seulement quelques semaines après la fermeture originale. Cocoland.cc est apparu en 2026, soit environ 18 mois plus tard. Les deux fonctionnent sur le même modèle : tchat anonyme sans inscription ni vérification d’âge. Bounty.chat a déjà fait l’objet de signalements officiels depuis 2024. Cocoland.cc est le dernier épisode en date de cette répétition du même cycle.

Ce que la réouverture de Coco révèle sur nos angles morts numériques

La réouverture de Coco sous le nom Cocoland n’est pas juste une mauvaise nouvelle de plus dans l’actualité numérique. C’est le révélateur d’un angle mort législatif réel : nos outils juridiques actuels permettent de fermer un site, mais pas d’empêcher sa renaissance sous une autre forme, hébergée ailleurs.

La vraie question n’est pas « va-t-on fermer Cocoland ? » — les autorités s’y emploient déjà. La vraie question, c’est : comment construire un cadre légal qui empêche structurellement ce type de plateforme de réapparaître indéfiniment ? La réponse passe probablement par une coopération internationale renforcée, une responsabilisation accrue des hébergeurs étrangers, et une évolution législative que l’Europe doit porter collectivement.

En attendant, signaler ces sites sur Pharos reste le geste le plus concret que chaque citoyen peut poser face à la réouverture de Coco et de ses successeurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *